Document d'enregistrement universel 2022

Perspectives : Nicolas Hieronimus, Directeur Général de L’Oréal

 Les fournisseurs sont aussi invités à s’appuyer sur des certifications de sourcing durable adaptées à leur filière (Fair Trade, Sustainable Agricultural Network, Organic, etc.).

En s’appuyant sur un sourcing durable des matières premières biosourcées, L’Oréal participe à l’intégration économique et sociale de populations vulnérables en respectant l’environnement. En 2022, la proportion d'ingrédients biosourcés durablement s'élève à 92 %, affichant un léger ralentissement en raison de l’amélioration continue de la traçabilité du portefeuille biosourcé et de la mise à jour des pays à risque via le Scan Index conformément à l’évolution de chaque contexte géopolitique.

En 2022, 92 % des ingrédients biosourcés de nos formules sont tracés et issus de source durable(1).

(1) Pour la définition du périmètre voir les Notes méthodologiques.

☑ Les Commissaires aux Comptes ont exprimé une assurance raisonnable sur cet indicateur.

Huile de son de riz : améliorer la résilience au changement climatique en Thaïlande

L’Oréal utilise de l’huile de son de riz provenant de Thaïlande pour ses propriétés antipelliculaires et antioxydantes (produits capillaires et de soin de la peau). En Thaïlande, la production de riz couvre au total 4 millions d’hectares et représente environ 20 % de la surface agricole du pays. Cinquième producteur mondial de riz, la Thaïlande en est aussi l’un des premiers exportateurs. La production de riz constitue donc un des principaux piliers de l’économie locale, bien que la monoculture du riz ait un impact négatif sur l’environnement.

Dès 2016, L’Oréal a lancé un projet d’approvisionnement responsable de son de riz auprès de petits producteurs dans la région d’Isan, au nord-est de la Thaïlande. Avec le soutien de l’ONG PUR Projet et de ses fournisseurs, L’Oréal accompagne quatre coopératives de producteurs dans la mise en place de pratiques climato-intelligentes, afin de rendre la riziculture de la région moins émettrice de méthane et plus résiliente au changement climatique. Dans ce cadre, la création de quatre parcelles a permis de démontrer, grandeur nature, des techniques agricoles régénératives. Les pratiques présentées dans les parcelles de démonstration sont notamment :

  • l’arrêt du labour, pour préserver les différents horizons du sol et maintenir leur capacité à retenir durablement l’eau ;
  • l’agroforesterie en périphérie des rizières, pour encourager la diversification des revenus des agriculteurs et améliorer la biodiversité environnante ;
  • l’adoption du Système de Riziculture Intensive (SRI) afin de réduire l’utilisation de l’eau et de limiter les émissions de méthane ; et
  • l’utilisation intelligente de l’eau pour améliorer l’adaptation aux sécheresses.

Grâce à des agriculteurs volontaires et déterminés, le projeta su montrer concrètement à la communauté agricole les avantages de l’agriculture régénératrice, notamment la façon dont la séquestration carbone et la protection de la biodiversité peuvent augmenter considérablement les rendements et améliorer ses moyens de subsistance.

L’Oréal encourage massivement l’adoption des pratiques du SRI au sein d’un large panel d’agriculteurs. En 2022,1 186 producteurs locaux ont bénéficié du projet, et 59 % d’entre eux étaient des femmes.

Respecter la biodiversité et mesurer son empreinte

La perte de biodiversité fragilise la sécurité alimentaire, la santé, la qualité de vie et de nombreux services fournis à nos économies (pollinisation, épuration de l’air, de l’eau, fertilité des sols). La capacité de résilience au changement climatique du Groupe est également touchée. La conversion des écosystèmes naturels en raison de l’agriculture et du développement urbain est reconnue par la science comme le premier facteur de perte de biodiversité, suivi par la pollution, le changement climatique et l’introduction d’espèces invasives.

Le Groupe montre un engagement de longue date pour préserver et utiliser durablement la biodiversité. Le programme L’Oréal pour le Futur vient renforcer cet engagement en plaçant la biodiversité au centre de ses ambitions.

Dans une démarche innovante et avec le cabinet expert The Biodiversity Consultancy, le Groupe a mesuré l’empreinte de ses activités industrielles et de sourcing sur les écosystèmes naturels.

Ce nouvel indicateur s’appuie sur trois paramètres : la surface au sol nécessaire, la perte en biodiversité liée aux pratiques et l’importance de la biodiversité dans l’écosystème concerné. Il estime que l’empreinte biodiversité de l’approvisionnement des ingrédients d’origine végétale représentait plus de 80 % de cette empreinte. 

D’ici à 2030, L’Oréal s’est donc engagé à maintenir stable l’empreinte sur les écosystèmes nécessaires à la production de ses ingrédients d’origine végétale, comparativement à 2019. Les leviers identifiés pour atteindre cet objectif sont notamment :

  • l’adoption de pratiques d’agriculture régénératrice par les fournisseurs, afin d’améliorer les rendements, de préserver la biodiversité et d’accompagner les agriculteurs dans la transition vers une agriculture plus durable ;
  • la mise en œuvre d’un plan ambitieux de développement d’alternatives aux matières premières les plus impactantes, notamment grâce aux biotechnologies et aux procédés circulaires, dans le cadre du programme Sciences Vertes ; et
  • le soutien à des projets de réhabilitation adjacents aux chaînes d’approvisionnement stratégiques.