Document d'enregistrement universel 2022

Perspectives : Nicolas Hieronimus, Directeur Général de L’Oréal

    En parallèle, L’Oréal continue de travailler sur les différentes méthodologies d’évaluation des impacts de ses activités sur la biodiversité en cours de développement en France et dans le monde. À ce titre, le Groupe participe aux travaux du Corporate Engagement Program du réseau Science-Based Targets on Nature, du club B4B+ (1) de la CDC biodiversité oudu collectif d’entreprises One Planet Business for Biodiversity (OP2B).

En 2022, L’Oréal a, à la fois, affiné la méthodologie de calcul d’empreinte et les bases de données utilisées mais aussi améliorer ses données de traçabilité grâce à un échange constant avec ses fournisseurs.

Grâce à la qualité de ses données de traçabilité, L’Oréal a pu analyser l’importance de biodiversité relative à ses zones d’approvisionnement et ce, en utilisant la métrique STAR qui s’appuie sur les données de l’UICN (voir détails dans les notes méthodologiques). Cette analyse montre que :

  • environ 70 % de l’occupation des sols relative à l’approvisionnement des ingrédients biosourcés du Groupe se produit dans des pays dans lesquels le risque d’impacter une biodiversité significative est très faible ou faible ; et
  • 30 % des ingrédients biosourcés proviennent de régions où le risque d’impacter une biodiversité significative est moyen tels que l’Indonésie et la Malaisie pour l’huile de palme ou les Philippines pour le coco.

Ces résultats obtenus vont permettre d’affiner la stratégie d’approvisionnement par plante et par pays mais aussi de travailler sur des alternatives innovantes.

Engagement « Zéro Déforestation »

Dans sa politique « Zéro Déforestation » publiée en 2014, le Groupe s’était engagé, pour 2020, à ne plus compter de produit lié à la déforestation parmi ses ingrédients ou matières premières. Depuis 2007, les plans d’action de L’Oréal favorisent un approvisionnement durable des matières premières agricoles susceptibles d’être à l’origine de la déforestation (huile de palme et de soja, produits à base de fibres de bois, etc.).

En 2021, conscient de la menace mondiale toujours plus critique qui pèse sur les forêts et des conséquences sociales et environnementales de la déforestation, le Groupe a renouvelé ses ambitions, après consultation de ses parties prenantes. Ces nouvelles ambitions se trouvent dans sa Politique Forêt 2030.

Capitalisant sur les réalisations antérieures pour la palme, le soja et les fibres de bois, la Politique Forêt 2030 couvre davantage de matières premières, priorisées en fonction de leur intérêt stratégique et des risques sociaux et environnementaux constatés. Elle s’appuie sur une gestion durable et responsable tout au long des chaînes d’approvisionnement, ainsi que sur la préservation et la réhabilitation d’écosystèmes naturels adjacents aux zones de production. Elle s’insère donc dans la stratégie de sourcing durable du Groupe pour ses ingrédients, en définissant de nouveaux objectifs spécifiques à ces matières premières.

Au‑delà de la dimension environnementale, les Droits Humains et l’amélioration des conditions de vie des communautés concernées sont au cœur de la Politique Forêt 2030.

Résultats par commodités

Palme : en 2022, L’Oréal a consommé 284 tonnes d’huile de palme et 88 156 tonnes de dérivés d’huile de palme et de palmiste. Ces dérivés proviennent respectivement de la pulpe ou de l’amande du fruit du palmier. Ces huiles sont utilisées pour fabriquer de la glycérine, des acides gras et des alcools gras qui entrent dans la composition des produits du Groupe.

Dans le cadre de son engagement « Zéro Déforestation », L’Oréal déploie une stratégie spécifique au cas des dérivés d’huile de palme, en partenariat avec toutes les parties prenantes (producteurs, ONG et fournisseurs) :

  • 100 % des approvisionnements en huile de palme et en dérivés d’huile de palme ou de palmiste sont certifiés durables selon les critères de la RSPO (2) depuis 2012 ; et
  • 96 % des principaux dérivés proviennent de sources identifiées (jusqu’aux moulins).

Palme – certification : 100 % de l’huile de palme utilisée par L’Oréal répond aux normes et procédures de la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), selon le modèle SG (Segregated) qui est le modèle de traçabilité le plus exigeant de la RSPO. 100 % des dérivés sont également certifiés.

L’Oréal a augmenté la part de ses achats physiquement certifiés pour atteindre 99 % de RSPO Mass Balance fin 2022,contre 98 % en 2021 et 95 % en 2020 Le complément reste couvert par le modèle RSPO Book & Claim.

Pour compléter ses objectifs de certification, L’Oréal s’est engagé à ce qu’au moins 30 % de ses volumes soient connectés physiquement aux projets terrain soutenant des petits planteurs indépendants. En 2022, 25,4 % de ces volumes étaient physiquement connectés à des projets de sourcing durable en Indonésie et Malaisie.

Palme – traçabilité : en 2014, dans le cadre de son engagement « Zéro Déforestation », le Groupe s’était engagé, pour fin 2015, à tracer jusqu’aux moulins les principaux dérivés de palme et de palmiste qu’il utilise. Une tâche complexe, car la transformation des dérivés implique une multitude d’acteurs et une ramification importante des chaînes d’approvisionnement.

Avec l’appui d’un cabinet d’experts indépendants, une première phase d’enquête a été menée en 2014 auprès des fournisseurs stratégiques de L’Oréal. Ces derniers représentaient plus de la moitié des volumes de dérivés de palme et de palmiste fournis à L’Oréal. Depuis 2015, L’Oréal actualise et enrichit sa collecte de données en étendant le périmètre à la totalité de ses fournisseurs, pour parvenir à tracer et identifier l’origine de 100 % de ses principaux dérivés de palme et de palmiste. Les résultats de ce travail établissent que la Malaisie et l’Indonésie sont les principaux pays d’approvisionnement. Ils établissent également que, pour l’année 2021, 98 % des volumes de dérivés de palme et de palmiste pouvaient être tracés jusqu’aux raffineries, 96 % jusqu’aux moulins et 48 % jusqu’aux plantations.

En 2022, sur la base de ce travail et dans un objectif de transparence, L’Oréal a publié sur loreal.com pour la cinquième année consécutive, la liste des 944 moulins (928 en 2021) indirectement connectés à sa chaîne d’approvisionnement (plus de 90 % des volumes de dérivés de palme) et la liste de ses fournisseurs directs de dérivés.

Palme – outils de mesure : eès 2016, L’Oréal a cherché à compléter ses outils d’évaluation et sélection des fournisseurs de cette filière en développant un instrument spécifique, le Sustainable Palm Index. Celui-ci évalue chaque année l’engagement, les progrès et les réalisations des fournisseurs directs pour une huile de palme durable. Il évalue également les avancées vers l’objectif « Zéro Déforestation » et la conformité des fournisseurs aux exigences du Groupe. Rendu public en 2016, cet outil est disponible pour tous les acteurs de la Supply Chain.

(1) Business for Positive Biodiversity, le Club des Entreprises pour une biodiversité Positive.

(2) www.rspo.org