Le Groupe a approfondi sa cartographie en identifiant les potentiels risques saillants en matière de Droits Humains, au niveau global et dans l’ensemble des marchés. L’Oréal s’est appuyé sur le cadre de reporting des Principes Directeurs des Nations Unies relatifs aux Entreprises et aux Droits de l’Homme (UNGP Reporting Framework). Ce processus d’identification prend en compte la sévérité, l’échelle et la remédiabilité ainsi que la probabilité d’occurrence de ses impacts sur les personnes tout au long de sa chaîne de valeur. Cette étude a été réalisée avec une ONG spécialisée dans le domaine, apportant une analyse indépendante, et a fait l'objet d’une revue par différentes parties prenantes externes. Les principaux risques saillants sont les suivants :
- la discrimination des collaborateurs du Groupe ou des travailleurs sur les chaines de valeur pour des raisons de genre, âge, handicap, identité de genre et orientation sexuelle ;
- le travail des enfants dans la chaine de valeur du Groupe et l’approvisionnement des matières premières ;
- l’esclavage moderne dans la chaine de valeur du Groupe et l’approvisionnement des matières premières ;
- l’absence de salaire et de revenu décent dans la chaine de valeur ;
- l’absence de mécanismes d’alertes professionnelles, de dialogue social, de liberté d’association et de négociation collective dans la chaine de valeur ;
- la santé mentale des collaborateurs du Groupe ; et
- la contribution à ancrer les discriminations par une représentation stéréotypée dans les publicités.
D’autres risques potentiels identifiés concernent les potentielles défaillances en matière de qualité et de sécurité des produits et dans la protection des données personnelles, le respect de l’environnement, le droit d’accès à l’eau, la prise en compte des Droits Humains dans le choix des matières premières et notamment le respect du consentement préalable, libre et éclairé des populations autochtones.
L’Oréal opère dans de nombreux pays où les risques de corruption sont parfois importants et pourraient conduire des collaborateurs de L’Oréal, mais aussi des tiers agissant en son nom ou pour son compte, directement ou indirectement, volontairement ou involontairement, à des pratiques contraires aux principes éthiques du Groupe et réglementations en vigueur. La corruption prend diverses formes qui ne sont pas nécessairement aisées à discerner pour les collaborateurs. À titre d’exemple, l’échange de cadeaux ou d’invitations de valeur excessive pourrait être considéré comme de la corruption.
L’évaluation des risques de corruption se matérialise par une cartographie spécifique, réalisée au niveau du Groupe et par chaque pays dans son contexte local. Les activités du Groupe impliquent notamment des relations avec :
- les autorités publiques et leurs représentants, soit directement, soit via des intermédiaires ou des associations professionnelles, par exemple pour obtenir des autorisations nécessaires à l’exercice des activités du Groupe. Les pays où opère le Groupe doivent être accompagnés dans la lutte contre la corruption publique ;
- les clients et fournisseurs du Groupe ; et
- des journalistes, médecins, etc. à qui des produits peuvent être proposés afin qu’ils puissent les recommander. Des relations sont également entretenues avec des tiers qui, au-delà des produits, portent des avis divers ou généraux sur L’Oréal. Tout agissement qui pourrait être considéré comme ayant pour but d’amener les personnes concernées à manquer à leur obligation de loyauté doit être évité.
Toute violation des principes du Groupe en matière de prévention de la corruption peut porter préjudice à L’Oréal ainsi qu’à ses partenaires. Réciproquement, tout manquement d’un partenaire peut être préjudiciable à L’Oréal.
4.3. Politiques, indicateurs de performance et résultats
Les politiques du Groupe répondent à la nécessité de prévenir et d’atténuer la survenance des principaux risques RSE et doivent contribuer à sa croissance durable dans un environnement de contrôle adapté à ses métiers. Il existe toutefois des limites inhérentes à tout système et processus. Ces limites résultent de nombreux facteurs, dont des incertitudes du monde extérieur ou des dysfonctionnements résultant de défaillances techniques ou humaines. Ces politiques s’inscrivent également dans une démarche volontariste du Groupe de prendre en compte les attentes de ses parties prenantes (voir paragraphe 4.1.5.).
4.3.1. Une politique environnementale ambitieuse
Engagé de longue date dans la réduction de son empreinte environnementale, le Groupe ambitionne de figurer parmi les entreprises exemplaires en la matière. L’Oréal souhaite décorréler croissance et impact environnemental. L'Oréal souhaite également contribuer positivement à son écosystème, partout dans le monde, à travers notamment ses fonds à impact, les engagements de ses marques et ses programmes sociétaux comme le programme Achats Inclusifs.
- En 2013, L’Oréal lance le programme Sharing Beauty With All, articulé autour de quatre piliers : « Innover durablement », « Produire durablement », « Consommer durablement » et « Partager la croissance ».
- En 2016, le programme Working Sustainably est déployé au sein de Sharing Beauty With All pour intégrer les sites administratifs et centres de recherche dans l’amélioration des impacts environnementaux et sociaux.
- En 2017, L’Oréal adhère au programme Science Based Targets, une initiative du CDP, du Pacte Mondial des Nations Unies, du World Resources Institute et de l’ONG WWF. Le Groupe prévoit ainsi de réduire d’ici fin 2030 ses émissions globales de gaz à effet de serre de 25 % par rapport à 2016.
- En 2018, pour aller plus loin dans le cadre d’engagements Act4nature individuels, L’Oréal s’est fixé l’ambition d’obtenir, d’ici 2030, 100 % des matières premières d’origine renouvelable issues de sources durables.
- En 2018, L’Oréal est devenu partenaire de la Fondation Ellen MacArthur avec l’ambition d’avoir 100 % des emballages plastiques rechargeables, réutilisables, recyclables ou compostables d’ici 2025.
- En 2019, L’Oréal fait partie des premières entreprises à signer le pledge Business Ambition for 1.5 °C de l’UN Global Compact. Le Groupe s’engage ainsi à atteindre zéro émission nette à l’horizon 2050, sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, conformément aux trajectoires 1,5 °C du GIEC (1).
- En juin 2020 est annoncé le programme de développement durable du Groupe succédant à Sharing Beauty With All : L’Oréal pour le Futur. Il fixe une deuxième génération d’objectifs particulièrement ambitieux et concrets à l’horizon 2030 en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation des ressources naturelles. Il couvre l’intégralité des impacts de la chaîne de valeur du Groupe et de ses sites : de la recherche d’ingrédients renouvelables à l’approvisionnement durable de matières premières, en passant par le transport des produits, leur consommation et leur fin de vie.