Dans sa politique « Zéro Déforestation » publiée en 2014, le Groupe s’était engagé, pour 2020, à ne plus compter de produit lié à la déforestation parmi ses ingrédients ou matières premières. Depuis 2007, les plans d’action de L’Oréal favorisent un approvisionnement durable des matières premières agricoles susceptibles d’être à l’origine de la déforestation (huile de palme et de soja, produits à base de fibres de bois, etc.).
En 2021, conscient de la menace mondiale toujours plus critique qui pèse sur les forêts et des conséquences sociales et environnementales de la déforestation, le Groupe a renouvelé ses ambitions après avoir consulté ses parties prenantes. Ces nouvelles ambitions se trouvent dans sa Politique Forêt 2030.
Capitalisant sur les réalisations antérieures pour la palme, le soja et les fibres de bois, la Politique Forêt 2030 couvre davantage de matières premières, priorisées en fonction de leur intérêt stratégique et des risques sociaux et environnementaux constatés. Elle s’appuie sur une gestion durable et responsable tout au long des chaînes d’approvisionnement ainsi que sur la préservation et la réhabilitation d’écosystèmes naturels adjacents aux zones de production. Elle s’insère donc dans la stratégie de sourcing durable du Groupe pour ses ingrédients en définissant de nouveaux objectifs spécifiques à ces matières premières.
Au‑delà de la dimension environnementale, les Droits Humains et l’amélioration des conditions de vie des communautés concernées sont au cœur de la Politique Forêt 2030.
Palme : en 2023, L’Oréal a consommé 206 tonnes d’huile de palme et 92 186 tonnes de dérivés d’huile de palme et de palmiste. Ces dérivés proviennent respectivement de la pulpe ou de l’amande du fruit du palmier. Ces huiles sont utilisées pour fabriquer de la glycérine, des acides gras et des alcools gras qui entrent dans la composition des produits du Groupe.
Dans le cadre de son engagement « Zéro Déforestation », L’Oréal déploie une stratégie spécifique au cas des dérivés d’huile de palme en partenariat avec toutes les parties prenantes (producteurs, ONG et fournisseurs) :
Palme – certification : 100 % de l’huile de palme utilisée par L’Oréal répond aux normes et procédures de la RSPO, selon le modèle SG (Segregated). 100 % des dérivés sont également certifiés.
L’Oréal a diminué la part de ses achats physiquement certifiés pour atteindre 99,8 % de RSPO Mass Balance fin 2023, contre 99 % en 2022. Le complément reste couvert par le modèle RSPO Book & Claim.
Pour compléter ses objectifs de certification, L’Oréal s’est engagé à ce qu’au moins 30 % de ses volumes soient connectés physiquement aux projets terrain soutenant des petits planteurs indépendants. En 2023, 31,5 % de ces volumes étaient physiquement connectés à des projets de sourcing durable en Indonésie et Malaisie.
Palme – traçabilité : en 2014, dans le cadre de son engagement « Zéro Déforestation », le Groupe s’était engagé, pour fin 2015, à tracer jusqu’aux moulins les principaux dérivés de palme et de palmiste qu’il utilise. Cette tâche est complexe car la transformation des dérivés implique une multitude d’acteurs et une ramification importante des chaînes d’approvisionnement.
Avec l’appui d’un cabinet d’experts indépendants, une première phase d’enquête a été menée en 2014 auprès des fournisseurs stratégiques de L’Oréal. Ces derniers représentaient plus de la moitié des volumes de dérivés de palme et de palmiste fournis à L’Oréal. Depuis 2015, L’Oréal actualise et enrichit sa collecte de données en étendant le périmètre à la totalité de ses fournisseurs pour parvenir à tracer et identifier l’origine de 100 % de ses principaux dérivés de palme et de palmiste. Les résultats de ce travail établissent que la Malaisie et l’Indonésie sont les principaux pays d’approvisionnement. Ils établissent également que, pour l’année 2022, 98,3 % des volumes de dérivés de palme et de palmiste pouvaient être tracés jusqu’aux raffineries, 96 % jusqu’aux moulins et 66 % jusqu’aux plantations.
En 2023, sur la base de ce travail et dans un objectif de transparence, L’Oréal a publié sur loreal.com, pour la cinquième année consécutive, la liste des 1013 moulins (944 en 2022) indirectement connectés à sa chaîne d’approvisionnement (plus de 90 % des volumes de dérivés de palme) et la liste de ses fournisseurs directs de dérivés.
Palme – outils de mesure : dès 2016, L’Oréal a cherché à compléter ses outils d’évaluation et sélection des fournisseurs de cette filière en développant un instrument spécifique, le Sustainable Palm Index. Celui-ci évalue chaque année l’engagement, les progrès et les réalisations des fournisseurs directs pour une huile de palme durable. Il évalue également les avancées vers l’objectif « Zéro Déforestation » et la conformité des fournisseurs aux exigences du Groupe. Rendu public en 2016, cet outil est disponible pour tous les acteurs de la supply chain.
En 2018, pour aller plus loin, L’Oréal a entamé une collaboration avec ZSL (Zoologica Society of London) et Transitions. L’ambition était de développer un outil d’évaluation des raffineries et des crushers (extraction de l’huile des noyaux) à partir de leurs reportings, politiques et procédures. Les indicateurs de cette évaluation sont alignés sur les exigences des standards du Groupe en matière de déforestation. Cet outil est disponible et public depuis 2019. Au niveau des moulins, le Groupe s’appuie depuis 2016 sur l’outil d’évaluation des risques de Global Forest Watch pour s’assurer qu’aucun dérivé tracé jusqu’aux moulins ne soit lié à la déforestation. En 2018, la procédure de traitement des cas de non‑conformités des fournisseurs directs ou indirects à l’engagement « Zéro Déforestation » a elle aussi été publiée. Depuis novembre 2019, pour contribuer à la transformation sectorielle, L’Oréal est membre fondateur de Action for Sustainable Derivatives (ASD), une initiative coordonnée par BSR et Transitions. En son sein, le Groupe est notamment actif en partageant l’ensemble de ses méthodologies et outils développés depuis 2014.