4.1.3 L’analyse de double matérialité du Groupe : cartographie des impacts, risques et opportunités
4.1.3.1 La méthodologie
Dans le cadre de la préparation à la CSRD, L’Oréal a mis à jour son analyse de double matérialité en collaboration avec ses parties prenantes. Ce processus, nourri d’un dialogue continu depuis de nombreuses années (voir 4.1.3.2), s’est appuyé sur des entretiens approfondis et a permis d’intégrer différents points de vue et de mieux identifier et hiérarchiser les enjeux matériels.
Le périmètre de l’analyse englobe l’intégralité du Groupe L’Oréal, c’est-à-dire toutes ses entités et activités sans exception. Suite à l’acquisition d’Aēsop au troisième trimestre 2023, L’Oréal a intégré la nouvelle marque en s’appuyant sur une comparaison avec l’évaluation de double matérialité réalisée avant son acquisition.
L’analyse de double matérialité repose sur deux dimensions :
- la matérialité d’impact : analyse des impacts bruts, positifs ou négatifs, potentiels ou avérés, de ses opérations et de sa chaîne de valeur sur l’environnement et les personnes, en tenant compte de la gravité, de la portée, de la possibilité de remédiation et de la probabilité de survenance de ces impacts. La dépendance de L’Oréal aux ressources naturelles, humaines et sociales est également évaluée dans ce contexte afin de comprendre l’origine potentielle des impacts ;
- la matérialité financière : identifie les risques et opportunités bruts liés à la durabilité et leur impact potentiel sur la performance financière à court, moyen et long terme, en prenant en compte les effets sur les coûts, les revenus et l’accès au financement. L’analyse des dépendances aux ressources naturelles, humaines et sociales est intégrée à cette dimension. Chaque dépendance est systématiquement analysée pour déterminer si elle représente un risque (exposition à des perturbations potentielles) ou une opportunité (stimulation de l’innovation et développement de solutions durables pour améliorer la performance financière).
L’analyse de la double matérialité a été réalisée selon la méthodologie suivante, articulée en cinq étapes décrites ci-dessous. Il est important de noter que ce processus d’identification et d’évaluation des risques de durabilité, conforme à l'exigence GOV-5, est intégré dans le processus global de gestion des risques du Groupe (voir 3.4).
- analyse documentaire : revue des documents internes (précédentes analyses de simple et double matérialité, stratégie de durabilité, évaluation de cartographie des risques) et externes (normes ESRS, rapports sectoriels, notations extra-financières, études consommateurs et salariés) pour comprendre les enjeux et opportunités liés à l’activité et à l’impact de L’Oréal ;
- identification des impacts, risques et opportunités (IRO) : en collaboration avec un cabinet spécialisé, L’Oréal a identifié et défini les impacts positifs et négatifs, les dépendances, risques et opportunités liés à ses opérations et à sa chaîne de valeur, en les catégorisant selon le cadre ESRS et en les affinant par des consultations d’experts internes et externes ;
- évaluation et notation : une méthodologie de notation robuste, basée sur une échelle quantitative, a été appliquée pour évaluer la matérialité de chaque impact, risque et opportunité. L’analyse a considéré différents horizons temporels (court terme : 1 à 3 ans ; moyen terme : 3 à 5 ans ; et long terme : au-delà de 5 ans). Un seuil de matérialité a été établi pour identifier les sujets les plus significatifs ;
- consultation des parties prenantes : les conclusions préliminaires de l’analyse de double matérialité ont été testées auprès de plus de 45 parties prenantes externes (investisseurs, ONG, distributeurs, associations professionnelles, fournisseurs) et des experts internes (du top management aux experts de développement durable) via des entretiens dédiés. Ces échanges ont permis de valider les conclusions, d’obtenir des perspectives externes, d’identifier les points à améliorer et d’assurer la prise en compte des différents points de vue ;
- validation et reporting : les résultats finaux, incluant le seuil de matérialité et la liste des sujets matériels, ont été validés par la gouvernance du projet comprenant :
- le Comité de Pilotage : composé de dirigeants clés, il a assuré le suivi et l’orientation de l’analyse de matérialité,
- le Comité de Direction : ce comité multidisciplinaire a permis une approche globale et exhaustive de l’identification des enjeux matériels,
- les responsables exécutifs : représentants des fonctions durabilité, finance, juridique, innovation, opérations et relations humaines, ces derniers ont validé l’analyse finale, incluant les seuils de matérialité, et
- le Conseil d’Administration : le Comité d’Audit a revu l’analyse de matérialité, assurant ainsi sa cohérence avec la stratégie globale de L’Oréal et en a rendu compte au Conseil d'Administration.
Les méthodologies des principes TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures) et TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures) ont été utilisées pour réaliser des analyses approfondies sur les enjeux liés au climat et à la nature, respectivement, afin d’affiner l’évaluation de leur matérialité.