- payer des salaires décents : L’Oréal promeut le droit à un salaire « décent », essentiel pour améliorer les conditions de travail et réduire le risque de travail des enfants et le travail forcé. L’objectif est que tous les employés de ses fournisseurs stratégiques aient un salaire décent à terme ;
- garantir la sécurité et santé au travail : L’Oréal exige que ses fournisseurs identifient et préviennent les risques, tout en garantissant des conditions sûres et décentes, avec une attention particulière aux populations vulnérables. Le Groupe n’a pas de politique spécifique pour promouvoir la stabilité et la durabilité à long terme d’emploi pour les travailleurs dans la chaîne de valeur ;
- garantir l'accès à l’eau et l’assainissement : l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates doit être garanti à tous les travailleurs. Ceci est inscrit dans la Lettre d’Engagement Éthique Mutuel et est vérifié lors d’audits sociaux ;
- lutter contre la violence et le harcèlement : L’Oréal promeut un environnement de travail inclusif et respectueux, exempt de violence et de discrimination, en particulier pour les populations les plus vulnérables dans la chaîne de valeur.
Cet ensemble de mesures reflète la volonté de L’Oréal à instaurer des pratiques durables et responsables dans sa chaîne de valeur.
Afin de vérifier le respect des règles applicables par les fournisseurs de rang 1, L’Oréal a mis en place un système de hiérarchisation des risques de non-conformité (voir 3.5.5.2), permettant d’adapter les moyens de contrôle selon le niveau de risque. Cela inclut des audits par des tiers. Les zones de conflit reçoivent une attention particulière, et la hiérarchisation des risques prend en compte le type d’activité des filiales ainsi que le pays, le secteur et la nature des opérations des fournisseurs.
La politique forêt de L’Oréal renforce cet engagement d’approvisionnement responsable, visant à permettre un approvisionnement 100 % durable et traçable. Cette politique cherche à équilibrer l’exploitation des ressources forestières avec le respect des droits humains et de l’environnement (voir 4.5). En ce qui concerne les zones forestières, L’Oréal vise à permettre des conditions de travail décentes et à respecter les droits des communautés locales et des peuples autochtones. Le Groupe reconnaît le droit à l’autodétermination des peuples autochtones et s’assure d’obtenir leur consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) pour toute activité susceptible d’affecter leurs terres et ressources. Pour chaque projet terrain impliquant des peuples autochtones et/ou des communautés locales, une consultation est effectuée en début de projet, pour assurer le plein alignement du plan d'action avec les besoins des communautés. Le plan d'action implique alors des membres de la communauté directement ou indirectement comme bénéficiaires du projet, avec par exemple des activités de formation aux bonnes pratiques agricoles. Des systèmes de remontées de signalements éventuels spécifiques sont également parfois mis en place, pour répondre à des enjeux précis liés au contexte du projet et pour alimenter le mécanisme de gestion des signalements de façon plus générale. Sur la filière d’huile de palme, un suivi rigoureux des signalements est assuré via la procédure d'alerte palme, activée dès qu'une violation potentielle de la politique est identifiée. Au-delà des signalements reçus par des parties prenantes, L'Oréal identifie proactivement les alertes notamment en participant à la Grievance Taskforce d'Action for Sustainable Derivatives (ASD) qui anime un dialogue régulier avec les organisations de la société civile y compris les peuples autochtones pour faciliter la remontée des cas.
4.9.3 Les plans d’actions mis en œuvre
Le Groupe déploie plusieurs types d’actions pour mettre en action sa politique d’achats durables :
- formation interne aux achats responsables : L’Oréal forme régulièrement ses acheteurs aux enjeux des achats responsables, avec un module dédié aux droits humains qui informe les acheteurs de la vulnérabilité en matière de droits humains de certains groupes de personnes comme les peuples autochtones. Cette formation est obligatoire pour tout nouvel acheteur ;
- accompagnement et évaluation des fournisseurs : L’Oréal travaille en étroite collaboration avec ses fournisseurs directs pour promouvoir des pratiques responsables en matière sociale et environnementale, notamment sur les questions liées aux droits humains et au salaire décent (voir 4.9.2.2). Le Groupe privilégie la transparence et s’appuie sur différents outils et processus pour évaluer les fournisseurs. Ceux situés dans des pays à risques identifiés parVerisk Maplecroft sont soumis à un audit social obligatoire, basé sur la norme SA 8000, avant tout référencement. Le Groupe mène des études d’impact sur les droits humains dans les régions à risque ;
- déploiement du programme Living Wage, visant à engager les fournisseurs stratégiques sur le principe du salaire décent en alignement avec les recommandations des experts (Organisation Internationale du Travail & IDH Sustainable Trade Initiative) et avec le support des partenaires Fair Wage Network et Wage Indicator Foundation. L’Oréal partage du contenu (définitions, méthodologie, témoignages) sur le Living Wage avec ses fournisseurs stratégiques via une plateforme. Ce contenu est également présenté lors d’une série de webinars. Les fournisseurs sont encouragés à signer un engagement et à travailler sur le sujet du salaire décent ;
- engagements contractuels : L’Oréal fait signer la Lettre d’Engagement Éthique Mutuel (MECL) par ses fournisseurs où il est indiqué l’existence de la plateforme de signalements Speak up ;
- surveillance et recueil des plaintes : L’Oréal est à l’écoute de potentielles violations de droits humains via le dialogue avec les parties prenantes, le programme Speak Up (un site web sécurisé et anonyme, accessible à l'ensemble des parties prenantes, doté d’un système ouvert 24h/24 disponible en 30 langues, dont la performance est suivie à travers des indicateurs (voir 4.13.2) et la procédure d’alerte palme(1), ouvert et communiqué à l'ensemble des parties prenantes notamment les travailleurs dans la chaîne de valeur, permettant de signaler des violations (voir 4.9.2.2). Ce processus de surveillance est destiné à assurer une stricte confidentialité, un traitement équitable, la protection contre les représailles et le respect des législations nationales dans les pays où le Groupe opère. En cas d’identification de violation des droits humains des travailleurs de la chaîne de valeur ou des communautés affectées, l’identification des actions requises est contextuelle et s’évalue au regard d’une évaluation d’impact et des informations éventuellement récoltées au cours d’échanges avec les parties prenantes. Le Groupe engage immédiatement le dialogue avec ses fournisseurs et met en place un ensemble de mesures immédiates visant au besoin à identifier précisément la source de l’incident et à déployer des plans d’actions avec les fournisseurs. Ces plans d’actions visent à mettre en place des mesures concrètes et correctrices à court, moyen et/ou long terme. Afin de favoriser un changement systémique permettant de contribuer à résoudre les causes profondes de certaines violations et à renforcer les systèmes de vigilance dans une chaîne de valeur, le Groupe peut être amené à mobiliser un ensemble d’acteurs clés (par exemple ONG, pouvoirs publics, organisations de la société civile locale, entreprises du secteur de la beauté et de la parfumerie…) ;
- engagement dans des coalitions et études d’impact : L’Oréal participe à des coalitions telles que la Human Rights Coalition for Action du Consumer Goods Forum afin d’augmenter son impact positif et sa capacité de transformation. Par exemple, face à un risque de droits humains identifié dans le secteur de la rose en Turquie, L’Oréal a rejoint l’initiative Harvesting the Future initiée par Fair Labor Association. Ce projet vise à améliorer les conditions de travail et le respect des droits humains dans différents secteurs agricoles avec un focus sur l’autonomisation des travailleurs saisonniers et de leurs familles. Courant jusqu’à fin 2026, il rassemble différentes parties prenantes, notamment le gouvernement turc, des organisations de la société civile locale, des transformateurs, des producteurs et des entreprises du secteur de la beauté et de la parfumerie, afin de soutenir et de renforcer l’établissement d’un système de vigilance sur les droits humains dans leurs chaînes d’approvisionnement.